Les astres, quel désastre !

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La Francine, une vieille fille de la campagne imposante et pour le moins caractérielle, entraîne la Lucette, sa sur, plutôt simplette et à moitié sourde, chez une voyante. Elles se rendent donc, confiantes, chez la dénommée Mme Irma, dans l’espoir de connaître un avenir, elles l’espèrent, plus réjouissant. Mais voilà, notre voyante, peu scrupuleuse, n’y voit pour ainsi dire pas grand-chose et n’a d’yeux que pour le porte-monnaie bien rempli de la Francine ! Et après une séance “fort agitée” de voyance en tout genre, nos deux commères, ô combien naïves et crédules, se retrouvent bien vite plumées et dans un grand désarroi. Au point de se faire passer à leurs tours pour des fausses voyantes à leurs dépends ! La Lucette, toujours à côté de la plaque et la Francine, bien maladroite et surtout crédible dans son rôle de voyante, forment un duo savoureux à souhait et délicieusement dans cette comédie tout bonnement irrésistible ! Un agréable moment à partager avec votre public !

 

Au lever du rideau, Mme Irma est seule sur scène. Elle met trois petits coups de balai par terre, sans conviction.

Mme Irma - Après tout, à quoi ça sert de remuer toute cette poussière aujourd’hui, si c’est pour la retrouver demain ? (Elle retourne s’asseoir.) On n’y voit plus rien là-dedans ! (Elle souffle généreusement sur sa boule de cristal.) Voilà, c’est mieux… Voyons voir… (Elle interroge sa boule de cristal.) Je vois… Je vois deux personnes… Deux vieilles dames… Elles se dirigent chez moi, Mme Irma, voyante… Je vois les deux vieilles dames… Elles se rapprochent… (Elle regarde sa montre.) Elles ne devraient plus tarder… (On frappe.) Les affaires reprennent… (Elle consulte son carnet de rendez-vous.) Une fois encore, ma boule de cristal ne s’est pas trompée… Mon carnet de rendez-vous non plus ! (Elle va ouvrir.) Bonjour mesdames… Entrez que…

Elle est surprise par l’entrée brutale de la Francine, parapluie ouvert, qu’elle secoue énergiquement avant de refermer.

La Francine - Ah là là ! Quelle pluie !… C’est les marchands de parapluies qui vont être contents ! (Elle regarde derrière elle.) Ah ! ben elle est passée où, elle, encore ? (S’adressant à l’extérieur, assez fort.) Alors, tu viens t’y pas ?!… Toujours à la traîne, cette pauv’ Lucette !

La Lucette (entrant à son tour) - Oui, oui… Me v’là…

Mme Irma - Bienvenue chez Mme Irma… Je vous attendais.

La Lucette - Tu vois, elle nous attendait… C’est du sérieux !

La Francine (portant un panier) - Tu parles… On a pris rendez-vous !… Quel sale temps ! On est mieux à l’intérieur, au sec ! Huit jours que ça dure… Le jardin va être bien arrosé, au moins ! Tenez, en parlant d’ça, je vous ai apporté quelques carottes, des patates et un poireau… J’espère que vous aimez la soupe aux légumes ! ça lave la tuyauterie, comme on dit chez nous… La tuyauterie, vous savez, là… (Elle se frotte le ventre.)

La Lucette (qui n’a rien entendu, reprenant de plus belle) - Quel sale temps ! On est mieux à l’intérieur, au sec ! Huit jours que ça dure… Le jardin va être bien arrosé, au moins ! Tenez, en parlant d’ça, ma sœur vous a apporté quelques carottes, des patates et un poireau… J’espère que vous aimez la soupe aux légumes ! ça lave la tuyauterie, comme on dit chez nous… La tuyauterie, vous savez, là… (Elle se frotte le ventre.)

Mme Irma - Je ne suis pas sourde ! J’avais compris…

La Francine - Tenez… Prenez-y, c’est d’bon cœur… (Elle lui met le panier dans les mains.) Et puis, rajoutez-y un oignon ou deux, ça donne du goût… Les vieux, ils y mettaient aussi une lorgnée de vin rouge dans la soupe. Paraît-y que ça relevait… En fait, ça relevait surtout l’haleine… Fallait pas craindre !

Mme Irma - Oui, oui, merci… (Elle n’a pas l’air bien convaincue, voire plutôt embarrassée par le panier de légumes qu’elle pose dans un coin.)

La Lucette - C’est joli chez vous… mais… ça sent bizarre…

Mme Irma - Oui, c’est l’encens…

La Lucette - Ben oui ! ça sent ! C’est c’que je vous dis !

Mme Irma - Non, c’est de l’encens, j’vous dis ! ça parfume le cabinet.

La Lucette - ça parfume les cabinets ? Nous en faudrait ben, chez nous, d’ça… C’est efficace vot’ truc, là !

La Francine (à la Lucette) - Chut ! Tais-toi donc !… (A Mme Irma.) C’est la Marie Guedin qui nous a recommandé de venir vous voir…

Mme Irma - Qui ça ?

La Francine - La Marie Guedin ! La femme du Jacquot !… La sœur cadette de la Léontine !… Ben ! La fille du Fernand, quoi !… « Fernand le fainéant », qu’on l’appelait !

Mme Irma - La Marie Guedin… (Elle cherche.) Ce serait pas la femme au chapeau ?

La Francine - C’est ça !… Ah ! ben faut vous expliquer longtemps, hein… Elle est un peu… Vous ne trouvez pas ? On dit qu’elle est tombée sur la tête quand elle était petite !

La Lucette - C’est peut-être pour ça qu’elle porte toujours un chapeau !

Mme Irma - C’est une cliente fidèle…

La Francine - Tant mieux pour vous ! Parce qu’elle n’a pas été fidèle avec tout le monde, vous savez !

Mme Irma (embarrassée) - Oui, oui, enfin…

La Francine - D’ailleurs, c’est peut-être bien pour ça qu’elle vient vous voir !

Mme Irma - Pour ?

La Francine - Pour des problèmes de conscience !

Mme Irma - Vous savez, je ne suis pas diplômée en psychologie…

La Lucette - Et le certificat d’études, vous l’avez ?

Mme Irma (pour...

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