Textes de théâtre en ligne

Soir de représentation

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Un soir de représentation, de première, avant les trois coups l’auteur annonce à la salle qu’il n’y aura pas de pièce car les répétitions ne lui ont pas plu. Il y avait eu de sacrés prises de bec pendant les répètes et il s’est rendu compte que sa pièce, trop mélo cette histoire de fille qui revient chez ses parents, enceinte après avoir été violé par un SDF, alcoolique, licencié d’une usine de préservatifs ou est-ce tout simplement les acteurs qui ne sont pas bons ou pas motivés…

Un vent de panique et de folie envahit tout d’un coup la scène.

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ACTE I

 

Le rideau reste fermé. On entend derrière des chuchotements, puis un brouhaha et enfin des bribes de conversation.

 

AMBROISE : Non, non et non. Il n'en est pas question.

 

DE LA RAMBARDE : Faut y aller, on ne peut plus reculer…

 

SYLVIE : Tu penses un peu à nous !

 

AMBROISE : M'en fiche, j'ai dit non !

 

LUCIE : Allons Monsieur Ambroise, soyez raisonnable, ce n'est rien que le trac. On connaît tous ça.

 

MIKE : Décidez-vous ou moi je rentre, j'connais des endroits plus fun.

 

AMBROISE : Si ce n'était que le trac, mais c'est bien plus grave, je dois…, je dois d'être honnête avec vous et surtout avec le public. Bon, je vais aller leur parler…

(Amboise fait son apparition sur le devant de la scène. Le rideau reste fermé. Il est très mal à l'aise et très emprunté, gêné et hésitant).

Bien,…heu, voilà, Mesdames, messieurs…, je...je… vous remercie de vous être déplacé si nombreux. Vous m'excuserez…, mais je n'ai bien l'habitude de…de…venir comme ça au-devant de la scène. D'habitude je suis plutôt derrière, dans les coulisses …

 

En voix off dans les coulisses, les acteurs et le Directeur

DE LA RAMBARDE : Mais, qu'est-ce qu'il nous fait ?

 

SYLVIE : Va le chercher !!

 

LUCIE : (très angoissée): Oh, mon dieu ! Oh mon dieu ! faites quelque chose, faites quelque chose !!!

 

AMBROISE : En fait, je suis… l'auteur…, enfin l'auteur…, faut voir…, car ce soir, on ne jouera la pièce pour laquelle vous avez dépensé 60 €, vous avez mis vos beaux habits, car vous êtes tous très beaux messieurs, et très désirables Mesdames…et vous sentez tous très bon, c'est très agréable. En fait, vous me donnez presque des regrets….

 

Le directeur passe devant le rideau,

DE LA RAMBARDE : Ambroise, cela suffit tes bêtises. Mesdames, Messieurs, je vous prie d'accepter mes excuses, tout va rentrer dans l'ordre, la pièce va commencer et…

 

AMBROISE  Non !

 

DE LA RAMBARDE : …. Comment non !

 

AMBROISE : Non, personne ne jouera ce soir.

 

DE LA RAMBARDE : Mais si, mais si, le public a des droits.

 

AMBROISE (s'adressant au public) :Oui, mais pas le droit de lui demander de s'emmerder pendant 2 heures.

 

DE LA RAMBARDE (prenant le public à témoin): Vous êtes assez grands pour décider vous-même, vous faire votre propre opinion, n'est-ce pas ?

 

 

(Le rideau s'ouvre, tous les acteurs sont sur scène en train de discuter entre eux)

 

DE LA RAMBARDE : Qui a ouvert ?

 

MIKE : Eh? Chef, c'est bien vous qui avez installé ce système automatique d'ouverture programmable. (S'adressant aux autres) Enfin on raconte en fait que c'est l'ancien régisseur qui l'a installé.

 

 

SYLVIE (s'adressant au Directeur): C'est bien lui qui est parti avec Mathilde ta femme,

 

DE LA RAMBARDE: Oui…, enfin ce n'est pas le moment, en tout cas c'était une belle connerie ;

 

SYLVIE : Que ta femme soit partie avec minable, c'est sûr !

 

DE LA RAMBARDE : Non ce rideau.

 

MIKE : Et qu'il lève votre femme, c'était automatique aussi ?

 

DE LA RAMBARDE : On ne pourrait pas parler d'autre chose

 

LUCIE : Non mais vous croyez qu'ils sont là pour écouter vos histoires de coucheries. Je vous rappelle qu'ils sont aussi venus pour voir une représentation et pas seulement celle du rideau qui se lève tout seul sur le spectacle désolant d'acteurs en quête de texte.

 

SYLVIE (à Ambroise) : Alors, tu dis quoi maintenant ?

 

AMBROISE : Je vais leur expliquer, ils vont comprendre.

 

SYLVIE : Eh, bien vas-y explique…, je suis curieux d'entendre ça.

 

(Tous s'installent religieusement .Amboise s'avance au-devant de la scène)

 

AMBROISE : Mesdames et Messieurs, voilà…, ce que j'ai écrit n'est digne d'être monté et après avoir bien réfléchi, je ne veux pas que cette pièce soit jouée, de vous affliger un spectacle lamentable…

 

SYLVIE : Merci pour nous !!

 

AMBROISE : Mais non, je ne parlais pas de vous, mais du texte, du sujet de la pièce.

 

SYLVIE : Mais elle est très bien ta pièce, un peu mélo peut-être, mais très belle, très émouvante

 

LUCIE : Qu'est-ce que j'ai pleuré quand je l'ai lu

 

AMBROISE : Et alors, il y a quand même des limites au mélo, à la prise de tête, ce n'est pas montrable et vous croyez qu'ils sont là pour pleurer, pour écouter une histoire morbide, non ils sont venus pour s'amuser, se détendre, rire.

 

DE LA RAMBARDE : Ah, mais le théâtre n'est pas que gaudrioles et portes qui claquent. L'émotion, ça compte aussi.

 

AMBROISE : Cette pièce ce n'est plus de l'émotion, c'est le pathos complet. "Les deux orphelines" à coté ça ressemble à une comédie de boulevard. Alors à moins que vous ayez des actions chez les fabricants de Kleenex.

 

LUCIE : Mais non, Ambroise, c'est une histoire poignante, le rôle de cette jeune fille qui revient chez elle après tant de galères, c'est magnifique

 

SYLVIE : Et celui de la mère, alors quelle dignité, quelle force !

 

MIKE : Moi, je serais plutôt d'accord avec Ambroise, parce que le rôle du frère, quelle misère ! J'aime pas beaucoup les loosers, les zonards.

 

SYLVIE : Ça m'étonne pas, quand un rôle ne te met pas en valeur.

 

AMBROISE : Poignant ! Profond ! Dignité ! Arrêtez de vous foutre de moi. C'est à croire que les répétitions n'ont servi à rien. (Au public) Je raconte pour vous : Anastasie, jeune fille, qui à 16 ans quitte sa famille pour travailler au pair en Angleterre, revient 1 an plus tard, enceinte après avoir été violé par un nain qui vient d'être licencié de son usine de préservatifs…et devenu SDF et alcoolique

 

MIKE : Déjà, c'est pas chance…, être mise enceint par un gars qui fabriquait des capotes, dis-moi la marque que j'en achète pas…

 

AMBROISE : Mais c'est pas fini, car pendant son absence son père (d'Anastasie pas du nain) été tué durant un attentat terroriste dans le métro, ce qui provoqué une dépression de la mère par désespoir. Fin de l'acte I. Julie peux-tu aller distribuer des mouchoirs dans la salle, parce que j'entends qui commence à renifler. Donc la famille est sans ressource et ne vit que grâce aux combines du frère : trafic en tout genre, drogue, armes, vols de voiture. Bon, avec l'argent du frère, Anastasie va se faire avorter, mais elle attrape une septicémie, elle est sauvée in extremis par un jeune interne beau, intelligent, de bonne famille et riche, dont elle tombe immédiatement amoureux. Ah le bonheur va enfin arriver dans cette famille, va-t-on se diriger vers un happy end ?

Fin de l'acte II. Bon je continue, la joie va-t-elle poindre son sourire à l'horizon sombre de cette famille marquée par le destin ? Que nenni ! La mère avoue à sa fille qu'elle ne peut pas épouser ce charmant médecin, car celui-ci est en réalité son demi-frère. Elle a elle-même été victime d'un viol collectif par un groupe d'étudiant en médecine en virée, dont faisait partie le père du jeune interne. Elle a reconnu le père sur une photo dans le bureau du jeune homme lors d'une...

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