A coups de balais !
Le type même de la comédie bouffe, celle par laquelle on termine un spectacle en beauté. Cette pièce détient à la Société des Auteurs le ruban bleu du nombre de représentations depuis plus de vingt ans.
Le type même de la comédie bouffe, celle par laquelle on termine un spectacle en beauté. Cette pièce détient à la Société des Auteurs le ruban bleu du nombre de représentations depuis plus de vingt ans.
SCÈNE 1
Mme Bellinois - puis Hortense
Mme BELLINOIS : (entrant à gauche et appelant vers la droite) Hortense ! (Un temps) Hortense ! Hortense !
HORTENSE : (passant la tête par la porte de droite) Madame m'a appelée ?
Mme BELLINOIS : Si je vous ai appelée ? Dix fois, vingt fois, cent fois !
HORTENSE : Tant que ça !... On voit que Madame est forte en multiplication !
Mme BELLINOIS : Je pense bien !... mais pourquoi me dites-vous cela ?
HORTENSE : Madame me pardonnera si je lui fais remarquer qu'elle ne m'a appelée que trois fois, ce qui, à mon avis, ne fait qu'un petit compte !
Mme BELLINOIS : Lorsque je vous appelle, vous devez bondir...
HORTENSE : Bondir ?
Mme BELLINOIS : ...Sauter...
HORTENSE : Sauter ?
Mme BELLINOIS : (d'un trait) ...Courir, voler, arriver où l'on vous appelle, en un clin d'œil !
HORTENSE : (placide) Je ferais très humblement remarquer à Madame que je ne suis pas championne de course à pied !
Mme BELLINOIS : Je ne vous en demande pas tant. (Un temps) Voyons, ma bonne Hortense, pourriez-vous accomplir une mission importante ?
HORTENSE : Madame sait bien que je lui suis totalement dévouée et que j'exécute fidèlement ses ordres.
Mme BELLINOIS : Je sais, je sais ! Mais aujourd'hui, il s'agit... Voyons ! la chose est difficile à dire !... Hortense ! avez-vous lu des romans policiers ?
HORTENSE : Si j'ai lu des... ? Oh !... Madame peut-elle croire que...
Mme BELLINOIS : (la coupant) Hortense, vous sentez-vous capable de tenir entre vos mains une arme justicière, et d'en faire usage s'il est nécessaire ?
HORTENSE : Une arme justicière ?... Je ne vois pas ce que Madame veut dire !
Mme BELLINOIS : (avançant vers Hortense, qui recule devant les gestes de sa patronne) Un revolver, un fusil, un rasoir, une mitrailleuse !
HORTENSE : (effrayée) Oh !... oh !... Madame me fait peur !
Mme BELLINOIS : C'est bien ce que je pensais : vous êtes trop peureuse pour que je puisse compter sur vous en cas d'agression, pour barrer à tout...