A la queue, comme tout le monde !

Genres :
Thèmes : · ·
Distribution :
Durée :
Édition :

Arnaud a la vie belle. Très organisé, il partage son temps entre ses trois “copines” mais voilà, il tombe amoureux d’une quatrième. Trois ruptures, ce n’est pas le bout du monde. C’est ce qu’il croit car cela va être beaucoup plus difficile que prévu, d’autant que les événements vont se précipiter avec l’arrivée d’un nouveau voisin inventeur fou et celle, totalement imprévue, de cousins italiens très envahissants. Comment se sortir de ce guêpier ? L’élue de son coeur mérite-t-elle toutes ces épreuves ? Rien n’est moins sûr.

Avec un rythme effréné, des situations très cocasses et des personnages hauts en couleurs, voici une comédie détonante.

🔥 Ajouter aux favoris

Soyez le premier à donner votre avis !

Connectez-vous pour laisser un avis !

 

 

 

 

 

ACTE 1

 

Arnaud est au téléphone. Il parle d’une voix très enrhumée, éternue, se mouche, tousse, etc.

Arnaud -  Eh oui ! (…) C’est bête… (…) Je sais… (…) Je sais… Moi aussi, je suis très déçu. (…) Ah ça ! Une bonne crève, oui ! Que veux-tu ? Ce sera pour une autre fois… (…) Tu veux venir ? Non, non ! Surtout pas ! (…) Mais non, voyons, ça ne m’ennuierait pas ! (…) Allons, qu’est-ce que tu vas penser ? Je ne veux pas te refiler mes microbes, voilà tout ! Et puis, tu sais, j’ai tellement mal dormi cette nuit que je vais aller me recoucher. (…) J’ai des frissons et mal à la tête… (…) Une tisane ? (On sonne. Il ouvre, le téléphone à la main. C’est la concierge qui apporte le courrier.) Tiens, justement, Mme Chausson m’en apporte une… (Il va vite prendre un verre et touille dedans avec une fourchette.) Merci, madame Chausson, merci beaucoup… (La concierge pose le courrier et le regarde faire en hochant la tête.) Oh oui ! J’ai de la chance… Des concierges comme elle, on n’en fait plus… (…) Ah… (…) Euh… de la verveine bien chaude et sucrée, avec du miel. (…) Oui. (…) Oui. (…) Toi aussi, tu me manques. (…) Excuse-moi mais j’ai la gorge en feu. (…) Oui. (…) Oui, je t’embrasse aussi… (…) Hé, attends ! Tu restes chez toi, hein ? Ne fais pas la bêtise de venir. (…) Promets-le-moi. (…) C’est bien… (…) Oui. A bientôt… (…) Dès que j’irai mieux… (Il fait des bises, raccroche et pousse un gros soupir de soulagement. Puis, d’une voix très claire.) Ouf ! je viens d’éviter une catastrophe…

Mme Chausson - Vous avez pas honte ? Faire une comédie pareille ! Quel culot !

Arnaud (se débarrassant de sa robe de chambre) - C’était une idée géniale, oui ! Sinon, je ne vous raconte pas la crise… Je vois ça d’ici…

Mme Chausson - C’était qui ?

Arnaud - Numéro deux.

Mme Chausson - Numéro deux ! Eh ben, dites donc ! Vous avez pas peur des retombées ! Un paquet de nerfs comme elle…

Arnaud - Je ne vous le fais pas dire ! J’avais intérêt à être convaincant. C’est qu’elle a un sacré caractère…

Mme Chausson - Ah ça ! Et c’est laquelle qui vient aujourd’hui ?

Arnaud - Numéro trois.

Mme Chausson - La grande blonde ?

Arnaud - Mais non ! Elle, c’est Christelle, numéro un, allons ! Numéro trois, c’est Sandra, la brune… Vous confondez tout !

Mme Chausson - Oh ! moi, je sais plus ! Ça change tout le temps et quand vous en remplacez une, vous lui donnez le numéro de la précédente… Alors moi je m’y perds ! J’ai jamais rien compris aux chiffres et en plus je retiens pas les prénoms…

Arnaud - Evidemment, c’est un sacré handicap…

Mme Chausson - Y en a qu’une qui me faisait pas tromper…

Arnaud - Je parie que c’était Cynthia.

Mme Chausson - C’est ça ! Cynthia. C’était facile, elle était Noire. C’était le temps où vous faisiez dans l’exotique…

Arnaud (rêveur) - Eh oui !

Mme Chausson - Quand même… Je vous aime bien, mais c’est pas sérieux tout ça !

Arnaud - Que voulez-vous ? Je plais !

Mme Chausson - Et si elles vous rendaient la pareille ?

Arnaud - Hé, dites ! Je fréquente des filles bien, moi !

Mme Chausson - Alors, les hommes, y z’ont le droit, eux ! Mais si c’est une femme, c’est qu’elle est forcément de mauvaise vie !

Arnaud - Evidemment ! Vous n’allez pas comparer !

Mme Chausson - Alors ça c’est la meilleure ! Plus macho tu meurs ! En attendant, je sais pas comment vous faites pour pas vous mélanger les pinceaux !

Arnaud - J’ai toujours maîtrisé la situation. Je ne suis pas un novice : j’ai des années de pratique !

Mme Chausson - Une pratique qu’est pas commode ! Moi je vous le dis… Regardez ce qui est arrivé aujourd’hui !

Arnaud - Je ne sais pas comment j’ai fait mon compte. C’est la première fois que ça m’arrive… et ce sera la dernière !

Mme Chausson - Vous faites le malin mais, à force, ça vous retombera sur le nez…

Arnaud - Aucun risque ! Parce que, voyez-vous, j’ai rencontré la femme de ma vie…

Mme Chausson - Encore une nouvelle ! J’avais déjà du mal avec trois, alors avec quatre comment vous voulez que je suive ?

Arnaud - Non, tout ça c’est terminé, madame Chausson ! Tel que vous me voyez, je serai désormais l’homme d’une seule femme !

Mme Chausson - Voui… voui… c’est ça…

Arnaud - Vous ne me croyez pas ?

Mme Chausson - Vous dites ça à chaque fois…

Arnaud - Je suis a-mou-reux ! Vous comprenez ?

Mme Chausson - Ben dites donc… ça m’en a tout l’air ! (Elle l’examine.) Les yeux sont écarquillés, le sourire est très niais, c’est tout juste si vous bavez pas !

Arnaud - Ah ! je suis trop heureux pour me fâcher !

Mme Chausson - Je vous taquinais ! Et elle s’appelle comment, celle-là ?

Arnaud (ravi) - Ondine !

Mme Chausson (pouffant) - A quelle heure ?

Arnaud - Pardon ?

Mme Chausson - « On dîne… A quelle heure ? »

Arnaud (lugubre) - Très drôle…

Mme Chausson - On peut rigoler !… Et elle est comment ?

Arnaud (en pleine rêverie) - Elle a des jambes de gazelle, une taille de guêpe, un cou de cygne, des yeux de biche…

Mme Chausson - Vous l’avez rencontrée au zoo ?

Arnaud (revenant sur terre) - Non, pourquoi ?

Mme Chausson - Pour rien… Je croyais… Et qu’est-ce qu’elle fait ?

Arnaud - Elle prépare une maîtrise de langues appliquées.

Mme Chausson - Et c’est sérieux, ça ?

Arnaud - Bien sûr, voyons ! Très sérieux ! Vous vous rendez compte, madame Chausson ? J’ai enfin rencontré la femme de ma vie !

Mme Chausson - Ben alors pourquoi vous voyez l’autre, là… euh… Machine ?

Arnaud - Sandra ? Je lui ai demandé de venir parce que je vais rompre. C’est très simple…

Mme Chausson - Morte d’amour comme elle est, ça va être simple, en effet…

Arnaud - Je trouverai les mots…

Mme Chausson - Et les deux autres ?

Arnaud - Christelle est en Egypte encore pour une huitaine de jours. J’ai le temps d’y penser.

Mme Chausson - Moi, une fille qui aime les momies, ça me fait froid dans le dos…

Arnaud - C’est une égyptologue chevronnée et passionnée. Elle se réfugiera dans son travail… Dès qu’elle revient, je lui dirai que tout est fini.

Mme Chausson - Et l’excitée ?

Arnaud - Alors là… Pour Corinne, je redoute le pire…

Mme Chausson - Moi, je serais vous, je les convoquerais toutes les trois en même temps et je les présenterais les unes aux autres… Comme ça, elles seraient fâchées toutes les trois et ça serait fait d’un coup…

Arnaud - Vous êtes folle ! Vous voulez que je me fasse écorcher vif ?

Mme Chausson - C’est vrai… Elles risqueraient de se mettre d’accord pour vous tomber dessus !

Arnaud - Non, le mieux est que je les voie l’une après l’autre et que j’en finisse.

Mme Chausson - Trois ruptures ? Je vous souhaite bien du courage ! En attendant, j’ai des doutes… Je sais pas si vous tiendrez longtemps sans un harem.

Arnaud - Madame Chausson, vous avez devant vous un homme nouveau !

Mme Chausson - Tiens, en parlant de nouveauté, vous allez avoir du voisinage.

Arnaud - Oh non ! Moi qui étais si peinard !

Mme Chausson - Deux par palier, c’est pas le bout du monde !

Arnaud - Peut-être, mais j’avais l’habitude d’être seul à l’étage. C’est qui, ces gens ?

Mme Chausson - C’est pas des gens, c’est un célibataire.

Arnaud - C’est déjà ça… Avec un peu de chance, il est peut-être sourd-muet…

Mme Chausson - Non mais écoutez-le… Quel ours !

Arnaud - J’aime ma tranquillité. J’ai le droit, non ?

Mme Chausson - C’est sûr ! Et le propriétaire, lui, il a le droit de louer son appartement !

Arnaud - C’est vrai, mais j’étais bien, moi, tout seul… Dernier étage, personne au-dessus de la tête, personne à côté…

Mme Chausson - Oh ! il a pas l’air bien dangereux !

Arnaud - Vous l’avez vu ?

Mme Chausson - Ben oui ! Il est passé à la loge pour sa plaque sur la boîte aux lettres. Il a même l’air d’être un peu timide et réservé. Ça m’étonnerait qu’il vous donne du souci.

Arnaud - Je n’ai plus qu’à espérer…

Mme Chausson - J’ai posé votre courrier sur la table. Le facteur a crevé trois fois sa roue de vélo ce matin, c’est pour ça qu’il est passé si tard… Bon, faut que j’y...

Il vous reste 90% de ce texte à découvrir.


Achetez un pass à partir de 5€ pour accéder à tous nos textes en ligne, en intégralité.




Acheter le livre

Désolé, aucun contenu trouvé.

Retour en haut
Retour haut de page