A réveiller un mort

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L’intrigue se déroule à l’extérieur d’un gîte de vacances en Provence, qui accueille deux couples d’amis, ayant l’habitude de passer leurs vacances ensemble.
Cette année cependant, les propriétaires du gite sont témoins de tensions et de rivalités entre les deux couples s’exacerbant jusqu’au drame.

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Scène 1

(La scène représente l’extérieur d’un gîte de vacances ; la sortie côté jardin figurera la maison des propriétaires, la sortie côté cour le gîte des vacanciers.

Jour 1, fin d’après-midi. Marcel Gauvin arrive sur scène en faisant une ronde d’inspection pour voir si tout est prêt avant l’arrivée des vacanciers. Il s’aperçoit que les fleurs ont besoin d’être arrosées… et part à la recherche de l’arrosoir qu’il ne trouve pas).

 

Marcel Gauvin (de plus en plus agacé) : mais où a-t-elle bien pu ranger l’arrosoir ? Non, il n’est pas là… Là non plus… C’est pénible ! Yvonne ! …. Yvonne ! ….

Yvonne Gauvin (arrivant en trombe, une bouteille de rosé à la main) : qu’y-a-t-il encore ? Tu ne peux décidemment rien faire sans moi ?

Marcel Gauvin : mais que fais-tu avec cette bouteille à la main ?

Yvonne Gauvin : j’ai oublié de la mettre dans le réfrigérateur du gîte, comme cadeau de bienvenue. Je vais vite le faire, ils ne vont pas tarder.

Marcel Gauvin : attends !

Yvonne Gauvin : quoi ?

Marcel Gauvin : où as-tu mis l’arrosoir ? Je ne le trouve pas et ces fleurs ont besoin d’être arrosées.

Yvonne Gauvin (après une seconde de réflexion) : il est dans notre chambre

Marcel Gauvin : ??? dans notre chambre ? Que fait l’arrosoir dans notre chambre ?

Yvonne Gauvin : eh ben c’est logique…

Marcel Gauvin : ??? si tu le dis…

Yvonne Gauvin : oui ! J’ai pris l’arrosoir… pour arroser les fleurs à côté du gite et en arrivant j’ai vu que certaines fleurs étaient fanées et d’autres mal arrangées, alors je suis retournée dans la cabane de jardin pour prendre des outils et des gants, et là je me suis aperçue que j’allais me salir et que si je me lançais dans des opérations de jardinage, il fallait que je me change. Donc je suis retournée dans notre chambre, l’arrosoir à la main, et je me suis changée et en redescendant je suis passée prendre les gants et les outils, mais j’ai oublié l’arrosoir dans notre chambre.

Marcel Gauvin (dans un soupir) : en effet, c’est logique… Bien je vais donc chercher l’arrosoir dans notre chambre !

(Marcel sort de scène tandis qu’Yvonne le regarde partir avec un sourire de tendresse. Puis elle regarde autour d’elle et fait la moue en voyant les chaises longues et la table de jardin. Elle pose la bouteille de rosé sur la table et commence à arranger les chaises longues.

Retour de Marcel)

Marcel Gauvin (l’arrosoir à la main) : mais que fais-tu ?

Yvonne Gauvin : tu le vois bien ! Les chaises longues n’étaient pas correctement mises et cette table de jardin est mal positionnée …

Marcel Gauvin : Et la bouteille de rosé, je croyais que tu étais venue pour la mettre au réfrigérateur !

Yvonne Gauvin (sursautant) : Ouh c’est vrai ! (abandonnant ce qu’elle était en train de faire, elle se saisit de la bouteille et disparait vers le gîte des vacanciers). Merci mon chéri !

Marcel Gauvin (en souriant) : ah Yvonne, tu ne changeras jamais !

(Il arrose les fleurs, puis termine d’arranger les chaises longues et la table de jardin. Retour d’Yvonne).

Yvonne Gauvin : oh tu as tout fait ? Qu’est-ce qu’il nous reste ?

Marcel Gauvin (s’asseyant à la table) : rien, tout est bon. Viens t’asseoir avec moi et profitons un peu avant qu’ils n’arrivent.

Yvonne Gauvin : ils t’ont dit à quelle heure ils arrivaient ?

Marcel Gauvin : entre 17h et 17h30, (regardant sa montre), bientôt ! Ils viennent à deux voitures, ce sont deux couples d’amis qui ont l’habitude de passer leurs vacances ensemble. C’est ce que m’avait dit l’une des épouses au téléphone lors de la réservation.

Yvonne Gauvin : rappelle-moi combien de temps ils restent.

Marcel Gauvin : deux semaines, c’est bien.

Yvonne Gauvin : oui c’est bien de reprendre les locations, après… le vide de l’année dernière…

Marcel Gauvin : je sais ma chérie, il faut avancer de toutes façons..…

(Un silence pesant s’installe jusqu’à de petits coups de klaxon annonçant l’arrivée des vacanciers. Marcel et Yvonne se lèvent, Lucas et Marthe Bouleau arrivent en premiers, suivis derrière par Jérôme et Alice Marquet).

Marcel Gauvin : Je vous souhaite la bienvenue dans notre gîte « Le soleil de Provence ». Je suis Marcel Gauvin et voici mon épouse Yvonne.

Marthe Bouleau (passant devant son époux) : enchantée, Marthe Bouleau.

Lucas Bouleau : Lucas, son mari…

Jérôme Marquet : moi c’est Jérôme Marquet, et voici mon épouse Alice, c’est elle que vous avez eue au téléphone pour la réservation.

(Marcel et Yvonne se troublent en voyant Alice)

Alice Marquet (d’une voix douce et souriante) : oui, ravie de faire votre connaissance de visu !

Marcel Gauvin (cherchant à se reprendre) : de même. De nouveau euh …, bienvenue à tous ! Vous avez fait bonne route ?

Jérôme Marquet : les traditionnels bouchons à Lyon sous le tunnel de Fourvière et sur l’autoroute jusqu’à Valence, mais à part ça, ça a plutôt bien roulé.

Marcel Gauvin : bien, bien… et sinon pas de difficulté pour trouver le gîte ?

Jérôme Marquet (ricanant) : un peu si, malgré vos indications. Alice a beaucoup de qualités, mais pas celle d’être un bon copilote ! On aurait dû être là depuis une bonne demi-heure !

Lucas Bouleau : tu exagères Jérôme, on a juste fait un petit détour, qui nous aura en plus permis d’apprécier le magnifique paysage.

(Yvonne est restée silencieuse pendant tout l’échange, peinant à détacher son regard d’Alice).

Marthe Bouleau (s’imposant) : vous nous montrez le gîte ?

Marcel Gauvin : bien sûr, tout de suite. Yvonne ?

Yvonne Gauvin (émergeant) : oui. Si vous voulez bien nous suivre.

(Yvonne part devant, suivi de tous, Lucas restant en retrait avec Marcel).

Lucas Bouleau : si je peux me permettre, votre femme va bien ? Je lui ai trouvé un air bizarre. Je suis médecin pour le cas où ce serait utile.

Marcel Gauvin : merci, mais tout va bien j’en suis sûr. Certainement un peu de fatigue, elle ne se ménage pas.

Lucas Bouleau : entendu, nous nous installons et vous pourrez ensuite prendre un repos mérité.

(Sortie de Lucas et Marcel).

Jérôme Marquet (voix off) : Alice, je ne trouve pas mon sac de vitamines et de gélules protéinées. Où l’as-tu mis ?

Alice Marquet (voix off) : je l’ai mis dans ta valise, as-tu regardé ?

Jérôme Marquet (voix off) : bien sûr que j’ai regardé, sinon je ne te demanderai pas !

Alice Marquet (voix off) : attends je regarde…. (après un instant) je ne comprends pas, j’ai dû les oublier sur la commode en préparant la valise.

(Entrée de Jérôme sur scène, énervé)

Jérôme Marquet : ce n’est pas possible ! On ne peut rien te demander !

Alice Marquet : je suis désolée, mais c’est moi qui fais tout. Tu m’as à peine aidée pour faire les valises !

Jérôme Marquet : ça va être de ma faute maintenant ! Si tu n’es pas capable de faire correctement une valise, il fallait me le dire et je l’aurais faite, crois-moi !

Alice Marquet : nous en rachèterons demain, ce n’est pas si grave.

(Retour de tous les autres personnages, le comportement de Jérôme change)

Jérôme Marquet : oui, bien sûr ce n’est pas grave. Je me suis trop vite énervé. Nous n’allons pas gâcher les vacances dès le premier jour. (l’embrassant) Je te pardonne !

Lucas Bouleau (faisant diversion) : merci pour la bouteille de rosé, c’est une délicate attention.

Marcel Gauvin : il faut remercier mon épouse.

Yvonne Gauvin : c’est une tradition à laquelle nous tenons.

Marthe Bouleau : vous louez chaque année ?

Yvonne Gauvin : oui… à l’exception de l’année dernière, nous n’avons pas pu pour des raisons euh… personnelles, mais sinon oui. Nous avons la chance d’avoir ce gîte juste à côté de notre maison, mais rassurez-vous, nous serons discrets et vous avez la piscine pour vous seuls !

Marthe Bouleau (sèche) : oui c’est ce qui était indiqué dans le descriptif. Vous avez de la chance de vivre dans un tel cadre ! Enfin en été avec le soleil c’est agréable, mais je ne suis pas sûre que j’y vivrais toute l’année. On doit s’ennuyer pendant les mortes saisons !

Yvonne Gauvin : vous venez d’où ?

Marthe Bouleau : Paris bien sûr !

Yvonne Gauvin : vous savez la région est aussi magnifique en automne et même en hiver.

Lucas Bouleau : Marthe ne jure que par Paris.

Marthe Bouleau : c’est là où tout se passe. On ne s’ennuie jamais à Paris !

Lucas Bouleau : je trouve que la province a aussi son charme, on sait plus prendre le temps de vivre et goûter les choses simples.

Marthe Bouleau : cela te ressemble tellement Lucas !

Marcel Gauvin : hum… eh bien nous allons vous laisser maintenant. Yvonne et moi nous vous souhaitons un très bon séjour et n’hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit, notre maison est juste à côté.

(Sortie de Marcel et Yvonne).

Marthe Bouleau : allons défaire nos valises et j’ai bien envie de piquer une tête dans la piscine avant le dîner !

Lucas Bouleau : je vais plutôt profiter de ces chaises longues pour ma part.

(Sortie de Marthe dans un soupir les yeux au ciel, suivi de son époux)

Alice Marquet : je n’ai pas aimé le ton de tes reproches tout à l’heure, ne recommence-pas, je te l’ai déjà dit.

Jérôme Marquet : je sais, je m’énerve trop vite, tu me connais, ça me passe aussi vite. Il faut juste éviter de me mettre dans ces états, ce n’est pas difficile, non ? Tu sais que je t’aime (il l’embrasse).

(Sortie de Jérôme)

Alice Marquet (se caressant la joue embrassée) : est-ce que je le sais seulement ?

(Sortie d’Alice)

(Noir)

 

 

Scène 2

(Jour 2, matin. Petit-déjeuner. Tous sauf Marcel et Yvonne. Lucas et Alice sont attablés tandis que Marthe et Jérôme, hilares, reviennent de la...

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