Le vieux

L’histoire se déroule dans une ville située dans un pays imaginé, ou existant, ou qui a existé. Un pays où le gouvernement devient de plus en plus dictatorial. Un soir, un couple reçoit la visite d’une personne âgée, un homme, qui leur signale qu’il vient s’installer chez eux. En effet, le gouvernement vient d’instaurer une nouvelle loi stipulant que les personnes âgées vivant seules devaient s’installer chez un couple sans enfant.
Comment le couple va-t-il gérer cette situation ? Ce « vieux » va perturber leurs habitudes.
Et vous, que feriez-vous si un « vieux » devait venir s’installer chez vous ?

🔥 Ajouter aux favoris

Décor (1)

Décor général Un décor simple, représentant un salon d'un HLM, avec un coin salon et une table de salle à manger. Pas de fioriture.

Note globale : 8.0 / 20 (1 avis)


Moyenne des critères :

  • Progression : (2.0 / 5)
  • Style d'écriture : (1.0 / 5)
  • Personnages : (2.0 / 5)
  • Originalité : (3.0 / 5)

Avis

Note globale : 8.0 / 20

Avis : L'idée est originale contrairement à l'écriture !

Notes détaillées :

  • Progression : (2 / 5)
  • Style d'écriture : (1 / 5)
  • Personnages : (2 / 5)
  • Originalité : (3 / 5)

Laisser un avis

Connectez-vous pour laisser un avis !

 

 

 

 

Dépôt SACD N° 000573350

 

Notes pour la mise en scène.

 

La pièce qui va être jouée devant vous se passe dans une ville située dans un pays imaginé, ou existant, ou qui a existé. Un pays où le gouvernement devient de plus en plus dictatorial. L’intrigue se déroule de nos jours, mais elle pourrait se dérouler à une autre époque, je laisse le choix au metteur en scène.

Le personnage du vieux, qui se prénomme Charles, doit être joué par un comédien âgé, qui a de la prestance. Il sera habillé proprement, avec un côté rétro, il ne suit pas la mode.

L’homme, Patrick, est un homme banal. On doit sentir qu’il a été un bel homme dans sa jeunesse, mais les ravages du temps, de l’alcool et des excès ont laissé quelques traces. Il porte des jeans et des pulls usés.

Suzy, la femme, est une femme effacée. Elle aussi a été très belle, mais elle est devenue une femme un peu fanée par le temps. Elle s’est résignée à son existence auprès de Patrick. Mais sa beauté transparait encore, et il suffirait de pas grand-chose pour lui redonner son éclat. Elle porte des vêtements banals, mais des jupes de préférence, ou des robes. Cela fait partie des lois du pays où l’action se déroule.

 

Le rideau s’ouvre sur le décor d’un appartement ordinaire, comme on peut en trouver dans les HLM des grandes villes. Deux portes en fond de scène : côté jardin, la porte d’entrée de l’appartement ; côté cour, l’autre qui conduit au couloir de nuit. Sur les parois latérales : côté jardin, un mur sur lequel peut se trouver un cadre sans valeur, acheté dans un grand magasin de décoration ; côté cour, une porte donnant sur la cuisine.

Le mobilier sera constitué d’une table et quatre chaises côté cour, ainsi que d’un fauteuil et un canapé côté jardin. L’important est qu’il y ait un fauteuil « une place » réservé exclusivement à l’homme. Il y a aussi une télévision, ainsi qu’une table basse devant les fauteuils. Une lampe de salon se trouvera près du fauteuil. C’est un mobilier de piètre qualité, déjà usé par le temps.

L’éclairage est un plein feu, représentant la clarté dans un tel appartement. Un lustre peut se trouver au centre de la pièce. Si une scène se passe le soir, le lampadaire sera allumé. Pour les scènes 9 et 11, prévoir une lumière tamisée.

L’habillage musical est laissé à l’appréciation du metteur en scène. L’auteur n’impose rien.

 

 

SCENE 1

 

La scène se passe en début de soirée. Le couple est en train de souper, ils sont à table. On frappe à la porte.

 

H : Tu attends quelqu’un ?

F : Non.

H : Mais on a frappé !

F : Oui, j’ai entendu.

H : Donc, tu attends quelqu’un.

F : Je t’ai dit que je n’attendais personne. Ce n’est pas parce que quelqu’un frappe à la porte qu’on l’attend forcément. Et puis, pourquoi j’attendrais quelqu’un ? Ca pourrait être toi.

(On refrappe.)

H : Je n’attends personne non plus.

F : Oui, ben en attendant, va ouvrir.

(Il va ouvrir. Un homme âgé est derrière la porte.)

V : Bonsoir.

H : C’est pour quoi ?

V : Vous ne me dites pas bonsoir ?

H : Bonsoir. On peut savoir pourquoi vous venez sonner le soir chez des gens ?

V : Je ne sonne pas chez des gens, je sonne chez vous. Je n’irais pas sonner chez n’importe qui.

H : Pardon ? On se connait ?

V : Vous, non. Moi, je vous connais… de vue.

H : Chérie, viens ici. Tu connais ce monsieur ?

F : Non, jamais vu.

H : Bon, vous nous dites pourquoi vous venez nous déranger ?

V : Je viens m’installer chez vous ?

H : Qu’est-ce que vous dites ?

V : (qui entre dans l’appartement) Permettez ! Je dis que je viens m’installer chez vous.

H : C’est quoi ce délire ?

V : Vous n’avez pas entendu les informations ?

H : Quelles informations ?

V : Les personnes âgées de plus de 70 ans vivant seules ne peuvent plus rester dans leur logement. Elles doivent s’installer dans un foyer sans enfant.

H : Mais c’est quoi ce délire ? Suzy, tu as entendu. C’est une blague ?

V : Non ce n’est pas une blague, c’est une nouvelle loi.

F : Effectivement, il me semble avoir entendu ce genre d’infos hier à la radio. Je n’y ai pas prêté attention.

V : La nouvelle génération : vous entendez, mais vous n’écoutez pas. Tous les journaux en parlent.

H : Mais c’est n’importe quoi ! Vous allez me faire le plaisir de sortir de chez moi, et vite fait en plus.

V : Mais vous n’avez pas le choix, mon vieux. Je viens m’installer chez vous, et je compte bien y rester.

H : Mais je ne suis pas d’accord !

V : Si vous n’êtes pas d’accord, il faut vous plaindre au gouvernement.

H : Mais je n’en ai rien à foutre du gouvernement. C’est quoi cette loi à la con ?

V : Je vous conseille de parler moins fort, ce n’est pas bien vu du tout de parler du gouvernement, surtout en mal. Vous pourriez avoir des ennuis.

F : Il a raison, calme-toi mon chéri.

H : J’ai aucune envie de me calmer. Et puis, pourquoi vous venez chez nous, d’abord ?

V : Parce que vous me plaisez bien.

H : Mais on ne se connait même pas. (A sa femme) Tu le connais ?

F : Je te dis que je ne l’ai jamais vu.

V : J’ai dit que vous me plaisiez bien, je n’ai pas dit que je vous connaissais. Cela fait quelques jours que la rumeur court, disant que les vieux ne pourraient plus habiter seuls, pour libérer des logements. Alors, j’ai observé les couples autour de moi, et vous êtes le couple qui m’a semblé le plus sympathique.

H : Ah ben merde alors. Fallait encore que ça tombe sur nous.

V : Je ne suis peut-être pas le vieux que vous auriez choisi, mais vous pourriez tomber sur pire que moi.

H : Mais je n’ai pas du tout envie de choisir, moi, j’ai simplement pas envie d’avoir un vieux à la maison.

F : Mais puisque monsieur te dit qu’on n’a pas le choix.

V : Je ne prendrai que peu de place. Vous ne verrez même pas que je suis là. Je suis quelqu’un de très discret.

H : C’est hallucinant. Je vais me réveiller. Dites-moi que c’est un cauchemar. (Un temps. Ils se regardent.) Pourquoi nous ?

V : Je vous l’ai dit, je vous trouve sympathiques. Et puis, j’aime bien votre femme, elle est jolie. C’est vrai, vous êtes jolie mademoiselle.

F : Merci monsieur.

H : Madame !

V : Excusez-moi ?

H : Vous avez dit « mademoiselle » à ma femme. Elle est mariée. On dit madame.

V : C’est vrai, toutes mes excuses. Je vous trouve jolie, madame. Mais en vieillissant, on trouve plus charmant de dire mademoiselle aux dames que l’on rencontre.

H : Attendez, vous êtes en train de me dire que ma femme vous plait.

V : C’est exact.

H : Vous ne pensez tout de même pas que je vais laisser un vieux pervers toute la journée avec ma femme, dans mon appartement, alors que je vais travailler.

F : Patrick ! Ne traite pas monsieur de pervers s’il te plait.

V : C’est vrai, je ne vous permets pas. Qu’est-ce qui vous fait croire que je suis un pervers ?

H : Un vieux, qui suit un couple depuis plusieurs jours, qui les épie, qui les guette, tout ça pour venir s’installer chez eux, moi je trouve ça pas très saint. Faut être pervers pour faire une chose pareille, y’a pas d’autres mots !

V : Je comprends… (un temps)

F : Patrick, je te trouve dur avec monsieur. Vous voulez manger avec nous ? J’ai préparé un bon potage à l’oseille.

V : Merci, madame, mais je ne voudrais pas déranger.

H : Mais vous dérangez déjà rien que par votre présence. On va pas en plus lui donner à bouffer.

F : Il vient s’installer chez nous, bien sûr qu’il va manger avec nous, tous les soirs même.

H : Ah oui !? Et je vais aller travailler pour nourrir un vieux que je ne connais pas et qui vient s’installer chez nous juste parce qu’il nous trouve sympathiques ? C’est marqué pigeon sur mon front ?

V : Non…

H : Vous foutez pas de ma gueule, en plus. Vous n’avez pas d’enfant chez qui vous pourriez vous installer ?

V : Non, sinon vous pensez bien que je serais allé chez eux.

H : Et votre femme ? Vous avez bien une femme ?

V : Je suis veuf, depuis cinq ans déjà.

F : Oh ! Elle s’appelait comment, votre épouse ?

V : Esméralda.

F : C’est joli, Esméralda.

V : Elle se prénommait ainsi car son père ne lisait que les romans de Victor Hugo. « Notre Dame de Paris », c’était son préféré.

F : C’est beau, cette histoire. Et vous, vous vous appelez comment ?

V : Charles.

F : C’est joli aussi, Charles. (A son mari.) On va...

Il vous reste 90% de ce texte à découvrir.


Connectez-vous pour lire la fin de ce texte gratuitement.



Retour en haut
Retour haut de page